« Mon parcours à l’ISEP m’a donné la fibre de la recherche et de l’innovation » Bruno Foyer (ISEP 1994)

Témoignage de Bruno Foyer, Dir. Recherche & Technologies, SystemX

 

Votre nomination à la tête de la Direction de la Recherche & Technologies de l’Institut de Recherche Technologique SystemX témoigne d’une belle réussite, quelles en ont été les étapes ?

C’est un parcours progressif réfléchi sur 25 ans, avec une dose d’alignement des étoiles aux bons moments. Je le résumerai en 3 étapes : une dizaine d’années de fondation technique et d’apprentissage de la gestion de projets par l’expérience notamment dans le domaine passionnant et très contraint de l’audiovisuel, une seconde étape d’enrichissement et d’évolution croissante de périmètre  en m’orientant vers l’ingénierie des systèmes complexes industriels dans le domaine de la Défense, avec le management rigoureux de programmes nécessaire à la maîtrise de leur conception, et enfin une accélération ces 10 dernières années en progressant sur plusieurs postes de management hiérarchique, dont l’envergure ou le niveau stratégique de décision ont été croissants.

Quels ont été les défis à relever ? De quoi êtes-vous le plus fier ?

Le premier défi a été de sortir de ma zone de confort, d’ingénieur confirmé à l’issue de mes premières expériences, pour me remettre en question et me convaincre qu’il me restait beaucoup de choses à apprendre. C’est pourquoi j’ai choisi d’aller vers l’ingénierie des systèmes complexes en rentrant humblement par la petite porte chez Naval Group, pour ouvrir mon champ de connaissances. Je suis fier d’y avoir apporté une vision innovante issue de mes précédentes expériences, notamment en hybridant les méthodologies rigoureuses des normes militaires avec les bonnes pratiques de bon sens des méthodes agiles issues du monde logiciel, pour travailler autrement et accélérer le cycle de conception des systèmes. Dans cette démarche de changement, j’ai d’ailleurs toujours gardé en tête et transmis la devise que j’avais entendue à l’ISEP, devise que je trouve parfaitement adaptée au métier d’ingénieur : autonome, créatif, et adaptable.

Comment l’ISEP vous a-t-il aidé à accéder à une carrière dans la Recherche ?

L’ISEP forme des ingénieurs pragmatiques, compétents et humbles avec des connaissances solides. C’est cette formation qui m’a permis d’orienter ma carrière dès les premières années, en complète cohérence avec l’option Images que j’avais choisie en dernière année d’étude. Je vibrais déjà en dernière année à l’idée de la révolution qu’allaient engendrer les formats JPEG et MPEG qui nous étaient enseignés en cours, alors que ce n’étaient encore que des technologies issues de labos. J’ai pu notamment bénéficier du cycle de parrainage de la société ex Aérospatiale Missiles (MBDA aujourd’hui) et j’ai intégré un de leur service R&D à la pointe de ce qui se faisait en computer vision à l’époque.
C’est ce premier parcours qui m’a donné la fibre de la recherche et innovation.

Quels souvenirs gardez-vous de l’ISEP ?

Excellents ! Du premier jour de l’intégration bienveillante par les « parrains », aux cours magistraux passionnants et appliqués donnés par des ingénieurs en poste, en passant par les colles nous laissant parfois perplexes, et les semaines ski avec les mêmes profs…
Un bel esprit collectif et des amitiés durables.

Quels sont vos conseils à un élève-ingénieur de l’ISEP aujourd’hui ?

Il faut déjà être fier de sa formation et être confiant de pouvoir aborder grâce à elle tout défi d’ingénieur. Être curieux, pragmatique, faire preuve de bon sens, et travailler (les connaissances ne s’acquièrent pas toutes seules…) sont des qualités essentielles à garder en tête avec l’humilité qui est aussi un trait de caractère des isepiens. « Pourquoi ? », « pour qui ? », sont les questions fondamentales qu’un ingénieur pertinent doit se poser avant de se plonger dans le « comment ? », au regard des nombreux défis sociétaux auxquels nous devons répondre, et ne surtout pas faire de la technologie pour la technologie sans comprendre l’impact de ce que l’on fait.
Enfin, je conseillerais de réfléchir à son plan de carrière dès le début, en n’oubliant pas que les premières années doivent permettre d’acquérir de l’expérience. Chaque expérience compte, et un parcours cohérent est gage d’épanouissement, de progression et de réussite quelle que soit la voie choisie.